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Arfois,
colère, tristesse et découragement nous amènent nous-mêmes à en perdre le
sommeil et affecter notre propre santé physique. Et puis, il y aussi les
nombreuses questions qui nous empoisonnent la vie : « Suis-je
responsable de cette situation ? est-ce à cause de moi qu’il ou elle
boit ? »
Ces
sentiments de honte et de culpabilité nous isolent peu à peu. S’offrir du bon
temps, suivre ses envies et ses désirs deviennent des missions impossibles, par
manque de temps, parce qu’on n’a plus k’énergie pour sortir et aussi parce que
l’on a peur qu’une catastrophe se produise en notre absence. Alors peu à peu,
s’installent solitude, épuisement, désespoir et le sentiment d’avoir raté
quelque chose et ne plus pouvoir rien changer. Vous n’êtes pas exception et
nombreux sont les partenaires hommes,
femmes, proches, qui souffrent d’une telle situation avec le sentiment d’être
seuls dans leurs cas alors que ‘on estime que ce sont 2 millions de personnes
qui vivent avec un proche alcoolique dans notre pays.
Que
faire pour bien faire ?
Pour
tenter d’améliorer la situation, d’aider le partenaire à arrêter sa
consommation, nous essayons d’abord de comprendre, puis nous empruntons
différentes stratégies : discuter, menacer, aimer davantage, réduire nos
propres exigences… mais rien n’y fait, du moins durablement…
Alors que se passe-t-il ?
Parallèlement
à la progression de l’alcoolisation, s’installe
un processus que l’on appelle « codépendance ».
C’est une suite d’attitudes et de réactions que l’on adopte pour aider le
partenaire mais, qui, finalement épuise sans pour autant que la situation ne
s’améliore de façon durable. Pour pouvoir aider l’autre, il est nécessaire de
comprendre ce processus.
Des situations où chacun peut se
retrouver …..
Protéger
et excuser
« il a beaucoup de travail, beaucoup de
soucis. Ses amis l’entrainent à boire, il ne sait pas dire NON ». Bien
souvent, nous lui cherchons des excuses ou des raisons pour expliquer pourquoi
il boit trop.
Bien
souvent, nous assumons les responsabilités à sa place pour lui éviter des
soucis ou parce qu’il n’est plus en mesure de les assumer. Et puis nous nous
efforçons de cacher cette situation qui nous met mal à l’aise avec nos proches.
La peur et la honte nous rendent muets, et comme il est de plus en plus difficile
d’en parler avec notre partenaire, nous finissons par nous taire et nous isoler
avec ce problème.
Une autre stratégie, contrôler :
Protéger
et excuser n’ont rien changé au problème, alors nous essayons de limiter les
consommations, de contrôler, etc, etc…Nous développns d’ingénieuses stratégies
pour essayer de maîtriser la consommation d’alcool du partenaire. Il boit peu,
il sort moins et nous retrouvons espoir. Il rentre tard et s’endort sur le
canapé : c’est la déception.
Nous
perdons peu à peu notre confiance en lui et en nous-mêmes, ainsi qu’en notre
capacité à l’aider et à l’empêcher de boire. C’est alors que surviennent les
disputes, et les colères éclatent de plus en plus souvent : colères contre
lui-même, contre l’alcool, contre nous, contre ceux qui boivent avec lui,
contre ceux qui voient son problème et ne disent plus rien.
Accuser :
Lorsque
la situation est devenue insupportable, nous laissons libre cours à nos
reproches. C’est à cause de lui (ou d’elle) que tout va mal…. Il doit arrêter
de boire sinon il (ou elle) sera responsable des conséquences, de notre souhait
de séparation, voire de divorce !
Il
aura fallu beaucoup de dépenses d’énergie, de souffrances accumulées, de
moments d’espoir ou de doute pour nous rendre compte que nous ne pouvons faire
les choses à sa place et sans son engagement dans une démarche personnelle,
toute notre bonne volonté, toutes nos démarches ne parviendront pas à stopper
la progression de la maladie de la dépendance.
Pour
un proche, le plus difficile est de renoncer à offrir son aide et son soutien.
Le rôle des proches est associé aux qualités de patience, de sensibilité, de
serviabilité, de dévouement et à la capacité de se mettre à la place de
l’autre. Nous continuons souvent à nous sentir responsables pensant que si il
(ou elle) n’arrive pas à s’en sortir, c’est notre faute, quitte à avoir recours
nous-mêmes à des médicaments pour faire face et tenir le coup.
Quel comportement adopter ?
Plutôt
que de se désespérer de le (ou la) voir changer, si MOI, je change quelque chose, cela aura forcément une influence sur
son comportement, mais que changer ?
Accepter
que je ne peux pas arrêter de boire à sa place, ni me faire soigner à sa place.
Considérer
objectivement que je ne peux changer que moi-même.
Réapprendre
à répondre à mes besoins et mes envies : faire ce qui me fit plaisir,
rencontrer les personnes que j’aime.
Prendre
du temps pour m’occuper de MOI
Me rassurer : je ne dois pas me sentir coupable, il ne boit
pas à cause de moi, il boit parce qu’il est malade de l’alcool et que c’est la
seule raison de son comportement.
Je peux et je dois poser des limites pour ne plus souffrir pareillement de ce problème d’alcool.
Je ne dois plus tout assumer, ni tout
faire à sa place.
Je dois chercher de l’aide pour
moi-même pour soulager ma
souffrance et m’aider dans ma démarche.
En
effet, c’est mon (ou ma) partenaire qui est dépendant de l’alcool, sa maladie
m’affecte tellement qu’il m’est difficile de continuer à supporter cette
situation, alors je dois chercher de l’aide à l’extérieur.
Ou rechercher de l’aide ?
Auprès
d’un médecin en qui vous avez toute confiance,
Auprès
d’un centre de consultation en Addictologie,
Auprès
d’un groupe d’entraides qui réunit les proches des personnes dépendantes.
Choisissez
celle qui vous conviendra le mieux et où vous vous sentirez écoué et compris.
Tout cela sera fait dans la confidentialité.
Apprendre à Aider :
Il
est légitime de vouloir aider votre partenaire mais c’est aussi trouver le
courage de lâcher prise, c’est-à-dire
de laisser votre partenaire assumer les responsabilités de sa consommation
d’alcool et ses conséquences au quotidien, même si dans un premier temps, il
vous paraitra irresponsable de le (ou la) laisser se détruire sans rien essayer
de faire. Mais dans la majeure partie des cas, c’est souvent la seule façon pour lui (ou elle) de
prendre conscience de sa maladie et de la nécessité du soin.
La dynamique du changement.
Il
est fort probable que votre nouveau comportement amène à plus d’alcoolisations,
des menaces, des conflits. Il préfèrerait que les choses restent comme ça. Il
ne faut cependant pas hésiter à poursuivre dans la nouvelle voie que vous avez
choisie. Ce sera bon pur vous et pour eux.. Non seulement, vous ressentirez le
sentiment de revivre et de reprendre goût à la vie, mais votre bien-être ne
pourra que donner espoir à votre partenaire qui peut lui-aussi changer, lui
aussi trouver de l’aide pour lui-même afin d’atténuer les souffrances de sa
maladie en décidant de se soigner : il
n’y a que lui qui puisse s’offrir cette chance.
Le texte qui va suivre, est dédié
aux entourages que l’on ne doit pas oublier dans la maladie alcoolique, car il
a été là tout le temps de notre maladie, et même, si parfois il a été
maladroit, par ignorance, bien souvent, il nous a aimé, tel que nous avons été,
tel que nous sommes et a supporté beaucoup de souffrances. Il faut également
qu’il pense à se reconstruire.
La clé d’une abstinence heureuse
est une reconstruction sur plusieurs tableaux : affectif, professionnel,
amical, mais que de bonheur retrouvé !!!! La route est longue, difficile,
mais cela vaut le coup d’essayer……. Un grand merci aux entourages de leur
patience……..
UN JOUR, TU
VERRAS
Toi, qui fais partie de l’entourage
D’un grand malade alcoolique
Comme il te paraissait tragique, ton destin de vieille
avant l’âge !
Jour après jour, face aux mensonges,
Tu devais toute seule lutter ;
La vie n’était que mauvais songes
Et tu te faisais insulter.
Tu pleurais tant quand il criait !
Et tu noyais dans ton travail,
Ta peur, ta honte et ta bataille
Pour que les enfants dorment en paix.
Maintenant que tu as compris
Que l’alcoolisme est une maladie,
Que toute seule pour lutter,
Tu ne pourras pas triompher,
Il faut alors que tu admettes
Que ton stress et tes maux de tête
Développent soir après soir
La maladie du voir boire
Et que tu dois penser aussi
A te construire une autre vie.
Peut-être serait-il temps de rejoindre
Le cœur battant, les jambes molles,
Avec l’espoir que tu vois poindre,
Tout notre groupe de paroles.
Ainsi, tu pourras libérer
Ainsi, tu pourras libérer
Tes vieux chagrins et tes souffrances,
Mais il faudra surtout chercher
La porte de Ta délivrance,
Celle qu’un jour, tu ouvriras
Lorsque tu auras bien compris
Qu’en réorganisant ta vie
Bientôt, tu te retrouveras.
C’est en guérissant la première,
Que tu pourras ainsi aider,
Ton conjoint, ton fils, ton ami (e) encore prisonnier
De l’alcool qui le rend amer.
Ainsi, tu pourras l’amener
Ainsi, tu pourras l’amener
A changer et à se soigner,
Et tous les deux, vous serez fiers,
De repartir sur un bon pied.
Et à votre tour, vous aiderez.
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