L'APPROCHE DU MALADE
A
la question: "Quel a été votre premier contact avec Alcool Assistance ?",
on obtient souvent ces réponses. Pour certains, c'est un appel au secours qui
déclencha tout. Au plus fort du désespoir, l'irrésistible envie de s'en sortir,
l'ultime sursaut qui vous fait prendre le téléphone, ou appeler un médecin ou
un ami ou l'association. Pour beaucoup,
c'est l'entourage qui a établi le lien avec Alcool Assistance, par
l'intermédiaire d'un médecin, ou d'un ami ou vu une affiche… quelqu'un est venu
et a laissé documents et informations, carte de visite et points de rencontre.
L'Ecoute : Nous voyons
donc arriver très souvent aux permanences ces personnes, venues pour
elles-mêmes, ou un membre de l'entourage. La personne qui reçoit doit redonner
espoir et confiance. Elle va rencontrer des gens qui sont passés par cette
maladie et vont donc pouvoir discuter, parler de leur problème en toute
confiance. Cette première rencontre a pour but de créer une amitié sincère avec
certains membres de l'Association que l'on pourra contacter facilement et avec
qui on parlera sans gêne (le « feeling » très important). Quand on
approche un malade alcoolique, il faut être calme, patient, tolérant, ne pas le
brusquer, ne pas aller trop vite: il est fragile et sensible, notre rôle est de
l'aider, de l’écouter sans qu’aucun jugement ne vienne perturber notre
approche.
Nous sommes à son
écoute, à côté de lui pour l’accompagner dans son choix d’abstinence.
Le dialogue avec le
ou la malade alcoolique est très important, car peu l’ont écouté, entendu oui
mais sans être à son écoute, son mal-être se révèle par la parole. Le principal
est de commencer ce dialogue, d'offrir au malade le terrain propice pour qu'il
puisse parler, et puis surtout, écouter pour rassurer. Dialoguer, c'est aussi
savoir contredire en douceur: non pour avoir raison, mais pour l’aider à
trouver sa vérité. Le dialogue c’est bien de mettre deux personnes sur un même
plan, partageant équitablement des idées, pour établir un climat de connivence,
bref: d'Amitié.
Dès que le dialogue est engagé, il doit en ressortir de la confiance,
conduisant ainsi à l’Amitié. Parfois, il n'est plus besoin de mots pour se
parler, pour se comprendre. Un geste, un regard, une attitude suffit à exprimer la complicité, la
compréhension, la tendresse, qui peuvent redonner au malade le sens de sa
dignité, ou tout simplement le goût de vivre.
L'Amitié : c'est le respect de l'autre dans sa totalité. Je
t'accepte tel,que tu es, et non pas tel que je voudrais que tu sois. L'amitié
que l’on partage avec un malade alcoolique doit être nourrie d'humilité, mais
pas de faiblesse. Il faut accepter l'Autre, mais ne pas se laisser dépasser par
lui :
il faut comparer, expliquer, suggérer, pour qu'il trouve sa solution, sans idée
de manipulation. Notre sincérité nous impose d'être serein réfléchi, franc. Donner son amitié à un
malade, c'est aussi se faire respecter, avec fermeté s'il le faut. C’ est l'élément essentiel de notre réussite
et seule la franchise et la sincérité peuvent nous y faire parvenir.
L'Information : On doit
l'informer, le convaincre de sa réussite future et lui dire aussi qu'il ne sera
pas pris en charge, mais que c'est à lui de décider, d'accepter et de faire les
efforts nécessaires, de se prendre en main. Ne pas se forcer, ne pas se mentir.
Cette franchise partagée. Le levier de notre action au sein d’Alcool Assistance,
c'est la confiance.
-
La confiance en soi-même : être sûr de soi, de la force du groupe ;
- Inspirer confiance: par mon exemple,
je peux convaincre ;
- Avoir confiance en ce qu'on dit,
dans les solutions qu'on propose, en l'avenir ;
-
Avoir confiance en l'autre. croire en lui, en l'authenticité de son
désir ;
-
Croire si fort à la victoire que l'autre ne peut s'empêcher d'y croire
aussi ;
-
C'est aussi amener le ou la malade à parler de lui.
L'Approche : Nous devons
aider le malade qu'on approche:
- à accepter d'être aidé ;
- à être responsable de son abstinence
durable et heureuse ;
- à se prendre en charge pour aller
dans un centre spécialisé où il pourra
recevoir les soins nécessaires,
une aide psychologique, et les
moyens dont il dispose LUI
pour vaincre son alcoolisme ;.
Il
faut faire naître ce désir de vaincre : pas un désir superficiel, un désir
pour avoir la paix, mais un désir réfléchi, profond, sincère, égoïste.
L'Aide et
l’Accompagnement : Vouloir aider et accompagner le malade alcoolique: c'est
un rôle qui demande de l'amour, de l'amitié, de la compréhension, de la
confiance, du temp. C'est par les contacts et les échanges humains, au sein d'un groupe d'êtres humains ayant souffert les
mêmes épreuves, que commence le travail
des bénévoles. L'approche du malade.
n'est pas facile et il faut avoir de la patience. C'est parfois défaire
et recommencer un travail pour arriver à un résultat. C'est effectuer un très
long ouvrage et le mener à bien sans fixer de
date, sans se lasser, paraître calme, même si à l'intérieur, tout est en
révolution.
Nos témoignages sont plus que nos
cartes d'identité: ce sont des cartes de visite que nous devons montrer comme
preuves de la réussite. Notre premier devoir est d'être un exemple pour le ou
la malade, et leur entourage, qui vient
nous voir, et notre sincérité ouvrira très souvent le chemin de l'amitié qui
nous permettra d'arriver au but recherché: le Contact, la porte de la voie de la REUSSITE.
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