dimanche 24 août 2014



ESTIME DE SOI : UN CAPITAL POUR LA VIE

L’estime de soi est un jardin secret que chacun doit cultiver avec amour. Régulièrement entretenue, cette capacité à vivre en harmonie avec soi-même influence grandement notre vie sentimentale, conjugale, professionnelle.
« On s’aime malgré ses défauts et ses limites, malgré les échecs et les revers, simplement parce qu’une petite voix intérieure nous dit que l’on est digne d’amour et de respect ».
Le docteur Christophe André, psychiatre, définit ainsi l’amour de soi ou narcissisme qui permet ensuite d’avoir confiance en soi et une bonne estime de soi. Ce capital précieux favorise une vision positive de l’existence et une capacité à aller de l’avant, à s’engager dans l’action.

Un amour parental sans conditions
L’amour inconditionnel que la mère et le père portent à leur enfant lui permet d’être sécurisé affectivement. « Néanmoins l’intention d’amour à elle seule ne suffit pas… »,
ajoute le psychiatre. Persuadés d’agir dans l’intérêt de leur bambin, certains parents bâtissent des projets pour lui, sans tenir compte de sa personnalité ni de ses aspirations. Une pression constante peut être exercée pour que l’enfant soit un excellent élève, alors qu’il se révèle plus compétent dans d’autres domaines : sport, relations sociales, bricolage… Comment ce petit « d’homme » pourra-t-il croire en ses capacités alors qu’on lui dénie le droit d’exister comme il est ? Des parents qui ont des ambitions élevées pour leur chérubin auront tendance à le dévaloriser s’il ne répond pas assez à leurs attentes. Par peur de perdre l’amour des siens, l’enfant multiplie les efforts pour se faire accepter, ne pas déplaire. Il apprend à dissimuler ses sentiments, à mettre sa colère ou sa tristesse dans sa poche pour être à l’écoute des autres, sauf de lui-même. L’enfant se fait docile, gentil, serviable,
sérieux … mais l’infidélité à soi-même n’aide pas à s’aimer !

Quand l’estime de soi est ébranlée
« L’acceptabilité sociale (sentiment d’être aimé) et la capacité à agir efficacement et librement (sentiment d’être compétent) sont deux fondements majeurs de l’estime de soi », estime Christophe André. D’importantes difficultés dans ces deux domaines peuvent l’entamer : chômage, maladie, divorce… chez une personne qui s’aime suffisamment, la vie reprend ses droits, une fois l’événement douloureux dépassé. En revanche, « le vent se transforme en ouragan chez une personne qui ne croit pas en sa valeur ; le traumatisme vécu est entré en résonnance avec une blessure non cicatrisée de l’enfance, comme un couteau dans une plaie vive », explique Moussa Nabati, psychanalyste. Ces personnes s’effondrent alors : dépression, tentative de suicide…

Trop ou pas assez d’estime de soi fragilise
« La plupart du temps, les personnes qui manquent d’amour de soi se situent entre deux extrêmes ; les premières éprouvent des difficultés à prendre leur place, à s’affirmer parce qu’elles ont tendance à se déprécier. Il leur est difficile à dire « non », par crainte de perdre l’affection de leur entourage. Ces personnes sont sensibles à la critique, craignent l’échec qui les fragilise encore plus ; aussi, ne prennent-elles aucun risque.
A l’inverse, il ne faut pas être dupe de ceux qui se mettent en avant, vantent leurs succès et leurs qualités, comme s’ils arboraient des médailles sur la poitrine. Leur prétention, voire leur arrogance, n’est en réalité qu’un paravent. « L’excès de confiance en soi a été déterminé comme une défense inconsciente contre un sentiment sous-jacent d’insécurité et un perception négative de soi » estime le Dalaï Lama.
L’égocentrisme constitue également le révélateur d’une fragilité interne. Les personnes qui ont très peu existé aux yeux de leurs parents éprouvent le besoin de se sentir importantes pour l’autre, d’être au centre du monde. « la maturité affective est atteinte lorsque l’homme sort de l’égocentrisme et devient capable d’altruisme » précise Isabelle Filliozat, psychothérapeute.
Pourquoi certaines personnes deviennent-elles le jouet de dépendances diverses : alcool, nourriture, médicaments, sport, sexe, internet… ? Pour combler un vide intérieur, une insécurité affective. Or, loin d’être une solution, ces produits ou comportements dépossèdent davantage la personne d’elle-même. « On est consommé par l’objet que l’on croyait pouvoir maîtriser et nous guérir » estime Moussa Nabati
« Le trop toujours le signe d’un manque »

Le peu d’estime de soi : une manne pour les employeurs
La personne qui s’estime peu se révèle plutôt perfectionniste. Comme elle est insatisfaite d’elle-même, elle craint de ne pas être à la hauteur. En travaillant beaucoup, elle tente de se prouver qu’elle est compétente, qu’elle a de la valeur. L’épuisement recherché apparaît à cette personne « comme un signal positif. Il l’empêche de penser et lui faire dire qu’elle ne peut aller plus loin dans le travail », ajoute Christophe André. A défaut de mépriser leurs doutes, ces personnes deviennent expertes dans l’art de ne plus compter leurs heures de travail, pour le grand bénéfice de leur employeur.

Construire une bonne estime de soi
L’estime de soi s’auto-entretient : « plus on s’estime, mieux on agit : on prend des décisions et on s’y tient. Et plus on se comporte ainsi régulièrement, plus on s’estime… », explique Christophe André. A force de se familiariser avec certaines habitudes, on peut instaurer de nouveaux modes de comportement.

S’écouter pour mieux se connaître
Savoir mettre en mots ses émotions permet de se renseigner sur soi-même. Imaginez-vous aux commandes de votre avion personnel ; sur le tableau de bord du cockpit clignotent une multitude de boutons qui représentent vos émotions : joie, colère, tristesse, peur, jalousie… Lorsqu’un de vos besoins n’est pas satisfait, un voyant rouge s’allume. Prendre en compte ce signal permet de mieux écouter ce que l’on ressent et d’affirmer ainsi son identité.

Prononcer un « non » affirmatif
Il ne s’agit pas de s’imposer coûte que coûte au détriment de l’autre, mais d’exprimer ce que l’on ressent, ce que l’on veut (ou ne veut pas) en respectant l’identité de son interlocuteur. Dire non, c’est dire « je ».s’affirmer avec authenticité permet d’entendre le « non » de l’autre avec une grande sécurité intérieure. Vous découvrez que celui qui n’est pas d’accord avec vous, ou qui ne souscrit pas à votre demande, continue néanmoins à vous apprécier.

Oser le conflit
Parfois, il faut savoir accueillir une rage quand elle survient, plutôt que de la disqualifier ou de se culpabiliser. « La colère n’est ni un bien, ni un mal. Elle est, un point c’est tout » , explique Isabelle Filliozat. Elle permet de réparer la blessure ou l’offense qui vous a été infligée. En exprimant votre colère, vous vous découvrez capable de décrire vos sentiments. Il faut savoir néanmoins respecter les formes pour éviter un conflit ouvert ; exprimer ce que vous ressentez par le « je » , sans accabler vos proches par des « tu » qui « tuent » . A partir du moment où votre interlocuteur ne se sentira pas attaquer ni remis en question, il sera en mesure d’être sensible à votre sincérité et de vous écouter. Une personne affirmée ne craint pas le conflit.

Etre gentil avec soi-même
Pour amorcer une spirale d’estime de soi, il est important de modifier le regard que l’on se porte, ne pas se laisser envahir par des humeurs négatives et faire preuve de son égard de tolérance. Faire taire « toutes les pensées à priori critiques que nous nous adressons à nous-mêmes il s’agit souvent d’un discours parental intériorisé, conséquence de ce que nous avons entendu lorsque nous étions enfant », explique Christophe André. Les propos que vous tenez sur vous-même modifient la perception que les autres ont de vous : si vous avez tendance à vous dénigrer, ils vous croiront sur parole. En revanche, si vous estimez ce que vous êtes, votre entourage vous respectera davantage. Le positif attire le positif.

« Un sujet qui peut comprendre sa colère comme faisant
partie intégrante de lui-même ne devient pas violent »

Acquérir une grande liberté intérieure
Loin d’être un parcours sans faute, le cheminement vers une bonne estime de soi n’est pas exempt de rechutes. Rassurez-vous : ces retours en arrière font partie du processus de changement.
« En général, les personnes veulent changer, tout en restant les mêmes » , ajoute Moussa Nabati. Or évoluer requiert certains renoncements ; il faut s’arracher à un monde familier pour s’engager vers de l’inédit. Se  construire « en renonçant à entretenir les « bonnes images de soi-même sur soi-même », en prenant le risque de s’affirmer, pour se délier d’un besoin d’approbation trop mutilant ou trop contraignant », estime Jacques Salomé, psychosociologue. Acquérir une meilleure estime de soi peut donc modifier les relations avec l’entourage, qui perd un peu de son ascendant, de pouvoir sur la personne. La crainte d’un changement n’est pas justifiée : il ne s’agit pas de devenir un autre que soi, mais bien plutôt de retrouver son être véritable et de découvrir d’autres dimensions de son identité.

Acquérir une plus grande sécurité intérieure et un bien-être
« Etre soi procure un profond sentiment de paix intérieure », estime Moussa Nabati. Moins envahie par les démons du passé, la personne sait profiter de l’instant présent. Comme elle a une vision plus positive d’elle-même, elle contrôle mieux son existence : confiante, elle s’engage plus volontiers dans l’action, sans craindre les revers de fortune. « Les événements extérieurs ont une portée limitée pour ceux qui disposent d’une structure psychique solide », précise le psychanalyste.

L’estime de soi nécessaire à la réussite scolaire
« Une estime de soi solide est de meilleur pronostic pour la réussite scolaire que tout autre type de compétences, y compris l’intelligence. Il vaut mieux une image de soi positive qu’un QI élevé » estime Jeanne Facchin, psychologue.
En effet, les enfants qui manquent de confiance en eux sont généralement anxieux : ils ont tellement peur de ne pas y arriver !       L’excès d’émotion prend alors le pas sur la pensée et la mémoire, freinant ainsi les apprentissages scolaire : l’enfant peine à intégrer le contenu des cours, à enregistrer les consignes, se perd dans l’énoncés…Comme son énergie est mobilisée par le stress, l’élève est très vite fatigué, ce qui augmente son anxiété. Il est donc pris dans une spirale infernale : plus il est anxieux, moins il a de bons résultats et moins il y arrive et plus il s’inquiète.

Aimer autrement
Avoir une bonne estime de soi procure une sécurité intérieure, mais également une liberté vis-à-vis des autres. Comme la personne est plus à l’écoute de son désir, de son être profond, elle n’a pas besoin du regard d’autrui pour se sentir exister. Sensible aux compliments, elle ne s’effondre néanmoins pas lorsqu’on la critique. « Le désir émancipe, alors que le besoin empoisonne », explique Moussa Nabati.
La personne accepte d’être aimée, dans le respect de la différence, pour ce qu’elle est et non pas pour ce qu’elle fait. Il est difficile d’avoir de la considération pour quelqu’un qui se dissimule ou qui n’exprime jamais ses désirs !
S’affirmer sans craindre de déplaire ou de perdre l’affection des siens permet en retour de respecter leur liberté. La sincérité de la personne qui s’estime, encourage les proches à être également sincères. Sur le plan amical ou amoureux, se bâtissent des relations authentiques, où chacun écoute son interlocuteur sans le juger et respecte son point de vue. « la reconnaissance et le respect des différences deviennent ainsi producteurs de bonheur », conclut Moussa Nabati.

« S’aimer soi-même, c’est le début d’une idylle qui dure toute le vie » Oscar Wilde, écrivain irlandais.













L’ENTOURAGE : VIVRE avec UN PROCHE ALCOOLODEPENDANT

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Arfois, colère, tristesse et découragement nous amènent nous-mêmes à en perdre le sommeil et affecter notre propre santé physique. Et puis, il y aussi les nombreuses questions qui nous empoisonnent la vie : «  Suis-je responsable de cette situation ? est-ce à cause de moi qu’il ou elle boit ? »
Ces sentiments de honte et de culpabilité nous isolent peu à peu. S’offrir du bon temps, suivre ses envies et ses désirs deviennent des missions impossibles, par manque de temps, parce qu’on n’a plus k’énergie pour sortir et aussi parce que l’on a peur qu’une catastrophe se produise en notre absence. Alors peu à peu, s’installent solitude, épuisement, désespoir et le sentiment d’avoir raté quelque chose et ne plus pouvoir rien changer. Vous n’êtes pas exception et nombreux  sont les partenaires hommes, femmes, proches, qui souffrent d’une telle situation avec le sentiment d’être seuls dans leurs cas alors que ‘on estime que ce sont 2 millions de personnes qui vivent avec un proche alcoolique dans notre pays.
Que faire pour bien faire ?
Pour tenter d’améliorer la situation, d’aider le partenaire à arrêter sa consommation, nous essayons d’abord de comprendre, puis nous empruntons différentes stratégies : discuter, menacer, aimer davantage, réduire nos propres exigences… mais rien n’y fait, du moins durablement…
 Alors que se passe-t-il  ?
Parallèlement à la progression de l’alcoolisation, s’installe un processus que l’on appelle « codépendance ». C’est une suite d’attitudes et de réactions que l’on adopte pour aider le partenaire mais, qui, finalement épuise sans pour autant que la situation ne s’améliore de façon durable. Pour pouvoir aider l’autre, il est nécessaire de comprendre ce processus.
Des situations où chacun peut se retrouver …..
Protéger et excuser
« il a beaucoup de travail, beaucoup de soucis. Ses amis l’entrainent à boire, il ne sait pas dire NON ». Bien souvent, nous lui cherchons des excuses ou des raisons pour expliquer pourquoi il boit trop.
Bien souvent, nous assumons les responsabilités à sa place pour lui éviter des soucis ou parce qu’il n’est plus en mesure de les assumer. Et puis nous nous efforçons de cacher cette situation qui nous met mal à l’aise avec nos proches. La peur et la honte nous rendent muets, et comme il est de plus en plus difficile d’en parler avec notre partenaire, nous finissons par nous taire et nous isoler avec ce problème.
Une autre stratégie, contrôler :
Protéger et excuser n’ont rien changé au problème, alors nous essayons de limiter les consommations, de contrôler, etc, etc…Nous développns d’ingénieuses stratégies pour essayer de maîtriser la consommation d’alcool du partenaire. Il boit peu, il sort moins et nous retrouvons espoir. Il rentre tard et s’endort sur le canapé : c’est la déception.
Nous perdons peu à peu notre confiance en lui et en nous-mêmes, ainsi qu’en notre capacité à l’aider et à l’empêcher de boire. C’est alors que surviennent les disputes, et les colères éclatent de plus en plus souvent : colères contre lui-même, contre l’alcool, contre nous, contre ceux qui boivent avec lui, contre ceux qui voient son problème et ne disent plus rien.
Accuser :
Lorsque la situation est devenue insupportable, nous laissons libre cours à nos reproches. C’est à cause de lui (ou d’elle) que tout va mal…. Il doit arrêter de boire sinon il (ou elle) sera responsable des conséquences, de notre souhait de séparation, voire de divorce !
Il aura fallu beaucoup de dépenses d’énergie, de souffrances accumulées, de moments d’espoir ou de doute pour nous rendre compte que nous ne pouvons faire les choses à sa place et sans son engagement dans une démarche personnelle, toute notre bonne volonté, toutes nos démarches ne parviendront pas à stopper la progression de la maladie de la dépendance.
Pour un proche, le plus difficile est de renoncer à offrir son aide et son soutien. Le rôle des proches est associé aux qualités de patience, de sensibilité, de serviabilité, de dévouement et à la capacité de se mettre à la place de l’autre. Nous continuons souvent à nous sentir responsables pensant que si il (ou elle) n’arrive pas à s’en sortir, c’est notre faute, quitte à avoir recours nous-mêmes à des médicaments pour faire face et tenir le coup.
Quel comportement adopter ?
Plutôt que de se désespérer de le (ou la) voir changer, si MOI, je change quelque chose, cela aura forcément une influence sur son comportement, mais que changer ?
Accepter que je ne peux pas arrêter de boire à sa place, ni me faire soigner à sa place.
Considérer objectivement que je ne peux changer que moi-même.
Réapprendre à répondre à mes besoins et mes envies : faire ce qui me fit plaisir, rencontrer les personnes que j’aime.
Prendre du temps pour m’occuper de MOI

Me rassurer : je ne dois pas me sentir coupable, il ne boit pas à cause de moi, il boit parce qu’il est malade de l’alcool et que c’est la seule raison de son comportement.
Je peux et je dois poser des limites pour ne plus souffrir pareillement  de ce problème d’alcool.
Je ne dois plus tout assumer, ni tout faire à sa place.
Je dois chercher de l’aide pour moi-même pour soulager ma souffrance et m’aider dans ma démarche.
En effet, c’est mon (ou ma) partenaire qui est dépendant de l’alcool, sa maladie m’affecte tellement qu’il m’est difficile de continuer à supporter cette situation, alors je dois chercher de l’aide à l’extérieur.

Ou rechercher de l’aide ?
Auprès d’un médecin en qui vous avez toute confiance,
Auprès d’un centre de consultation en Addictologie,
Auprès d’un groupe d’entraides qui réunit les proches des personnes dépendantes.
Choisissez celle qui vous conviendra le mieux et où vous vous sentirez écoué et compris. Tout cela sera fait dans la confidentialité.

Apprendre à Aider :
Il est légitime de vouloir aider votre partenaire mais c’est aussi trouver le courage de lâcher prise, c’est-à-dire de laisser votre partenaire assumer les responsabilités de sa consommation d’alcool et ses conséquences au quotidien, même si dans un premier temps, il vous paraitra irresponsable de le (ou la) laisser se détruire sans rien essayer de faire. Mais dans la majeure partie des cas, c’est  souvent la seule façon pour lui (ou elle) de prendre conscience de sa maladie et de la nécessité du soin.

La dynamique du changement.
Il est fort probable que votre nouveau comportement amène à plus d’alcoolisations, des menaces, des conflits. Il préfèrerait que les choses restent comme ça. Il ne faut cependant pas hésiter à poursuivre dans la nouvelle voie que vous avez choisie. Ce sera bon pur vous et pour eux.. Non seulement, vous ressentirez le sentiment de revivre et de reprendre goût à la vie, mais votre bien-être ne pourra que donner espoir à votre partenaire qui peut lui-aussi changer, lui aussi trouver de l’aide pour lui-même afin d’atténuer les souffrances de sa maladie en décidant de se soigner : il n’y a que lui qui puisse s’offrir cette chance.

Le texte qui va suivre, est dédié aux entourages que l’on ne doit pas oublier dans la maladie alcoolique, car il a été là tout le temps de notre maladie, et même, si parfois il a été maladroit, par ignorance, bien souvent, il nous a aimé, tel que nous avons été, tel que nous sommes et a supporté beaucoup de souffrances. Il faut également qu’il pense à se reconstruire.
La clé d’une abstinence heureuse est une reconstruction sur plusieurs tableaux : affectif, professionnel, amical, mais que de bonheur retrouvé !!!! La route est longue, difficile, mais cela vaut le coup d’essayer……. Un grand merci aux entourages de leur patience……..


UN JOUR, TU VERRAS


Toi, qui fais partie de l’entourage
D’un grand malade alcoolique
Comme il te paraissait tragique, ton destin de vieille avant l’âge !
Jour après jour, face aux mensonges,
Tu devais toute seule lutter ;
La vie n’était que mauvais songes
Et tu te faisais insulter.
Tu pleurais tant quand il criait !
Et tu noyais dans ton travail,
Ta peur, ta honte et ta bataille
Pour que les enfants dorment en paix.

Maintenant que tu as compris
 Que l’alcoolisme est une maladie,
Que toute seule pour lutter,
Tu ne pourras pas triompher,
Il faut alors que tu admettes
Que ton stress et tes maux de tête
Développent soir après soir
La maladie du voir boire
Et que tu dois penser aussi
A te construire une autre vie.

Peut-être serait-il temps de rejoindre
Le cœur battant, les jambes molles,
Avec l’espoir que tu vois poindre,
Tout notre groupe de paroles.
Ainsi, tu pourras libérer
Tes vieux chagrins et tes souffrances,
Mais il faudra surtout chercher
La porte de Ta délivrance,
Celle qu’un jour, tu ouvriras
Lorsque tu auras bien compris
Qu’en réorganisant ta vie
Bientôt, tu te retrouveras.

C’est en guérissant la première,
Que tu pourras ainsi aider,
Ton conjoint, ton fils, ton ami (e) encore prisonnier
De l’alcool qui le rend amer.
Ainsi, tu pourras l’amener
A changer et à se soigner,

Et tous les deux, vous serez fiers,
De repartir sur un bon pied.
Et à  votre tour, vous aiderez.














L'APPROCHE DU MALADE 

A la question: "Quel a été votre premier contact avec Alcool Assistance ?", on obtient souvent ces réponses. Pour certains, c'est un appel au secours qui déclencha tout. Au plus fort du désespoir, l'irrésistible envie de s'en sortir, l'ultime sursaut qui vous fait prendre le téléphone, ou appeler un médecin ou un ami ou  l'association. Pour beaucoup, c'est l'entourage qui a établi le lien avec Alcool Assistance, par l'intermédiaire d'un médecin, ou d'un ami ou vu une affiche… quelqu'un est venu et a laissé documents et informations, carte de visite et points de rencontre.
L'Ecoute : Nous voyons donc arriver très souvent aux permanences ces personnes, venues pour elles-mêmes, ou un membre de l'entourage. La personne qui reçoit doit redonner espoir et confiance. Elle va rencontrer des gens qui sont passés par cette maladie et vont donc pouvoir discuter, parler de leur problème en toute confiance. Cette première rencontre a pour but de créer une amitié sincère avec certains membres de l'Association que l'on pourra contacter facilement et avec qui on parlera sans gêne (le « feeling » très important). Quand on approche un malade alcoolique, il faut être calme, patient, tolérant, ne pas le brusquer, ne pas aller trop vite: il est fragile et sensible, notre rôle est de l'aider, de l’écouter sans qu’aucun jugement ne vienne perturber notre approche.
Nous sommes à son écoute, à côté de lui pour l’accompagner dans son choix d’abstinence.
Le dialogue avec le ou la malade alcoolique est très important, car peu l’ont écouté, entendu oui mais sans être à son écoute, son mal-être se révèle par la parole. Le principal est de commencer ce dialogue, d'offrir au malade le terrain propice pour qu'il puisse parler, et puis surtout, écouter pour rassurer. Dialoguer, c'est aussi savoir contredire en douceur: non pour avoir raison, mais pour l’aider à trouver sa vérité. Le dialogue c’est bien de mettre deux personnes sur un même plan, partageant équitablement des idées, pour établir un climat de connivence, bref: d'Amitié.
Dès que le dialogue est engagé,  il doit en ressortir de la confiance, conduisant ainsi à l’Amitié. Parfois, il n'est plus besoin de mots pour se parler, pour se comprendre. Un geste, un regard, une  attitude suffit à exprimer la complicité, la compréhension, la tendresse, qui peuvent redonner au malade le sens de sa dignité, ou tout simplement le goût de vivre.
L'Amitié : c'est le respect de l'autre dans sa totalité. Je t'accepte tel,que tu es, et non pas tel que je voudrais que tu sois. L'amitié que l’on partage avec un malade alcoolique doit être nourrie d'humilité, mais pas de faiblesse. Il faut accepter l'Autre, mais ne pas se laisser dépasser par lui : il faut comparer, expliquer, suggérer, pour qu'il trouve sa solution, sans idée de manipulation. Notre sincérité nous impose d'être serein  réfléchi, franc. Donner son amitié à un malade, c'est aussi se faire respecter, avec fermeté s'il le faut.  C’ est l'élément essentiel de notre réussite et seule la franchise et la sincérité peuvent nous y faire parvenir.
L'Information : On doit l'informer, le convaincre de sa réussite future et lui dire aussi qu'il ne sera pas pris en charge, mais que c'est à lui de décider, d'accepter et de faire les efforts nécessaires, de se prendre en main. Ne pas se forcer, ne pas se mentir. Cette franchise partagée. Le levier de notre action au sein d’Alcool Assistance, c'est la confiance.
- La confiance en soi-même : être sûr de soi, de la force du groupe ;
- Inspirer confiance: par mon exemple, je peux convaincre ;
- Avoir confiance en ce qu'on dit, dans les solutions qu'on propose, en l'avenir ;
- Avoir confiance en l'autre. croire en lui, en l'authenticité de son désir ;
- Croire si fort à la victoire que l'autre ne peut s'empêcher d'y croire aussi ;
- C'est aussi amener le ou la malade à parler de lui.
L'Approche : Nous devons aider le malade qu'on approche:
- à accepter d'être aidé ;          
- à être responsable de son abstinence durable et heureuse ;
- à se prendre en charge pour aller dans un centre spécialisé où il pourra  recevoir les soins nécessaires,  une aide psychologique,  et les moyens dont il dispose LUI pour vaincre son alcoolisme ;.
Il faut faire naître ce désir de vaincre : pas un désir superficiel, un désir pour avoir la paix, mais un désir réfléchi, profond, sincère, égoïste.
L'Aide et l’Accompagnement : Vouloir aider et accompagner le malade alcoolique: c'est un rôle qui demande de l'amour, de l'amitié, de la compréhension, de la confiance, du temp. C'est par les contacts et les échanges humains, au sein d'un  groupe d'êtres humains ayant souffert les mêmes  épreuves, que commence le travail des bénévoles. L'approche du malade.  n'est pas facile et il faut avoir de la patience. C'est parfois défaire et recommencer un travail pour arriver à un résultat. C'est effectuer un très long ouvrage et le mener à bien sans fixer de  date, sans se lasser, paraître calme, même si à l'intérieur, tout est en révolution.
Nos témoignages sont plus que nos cartes d'identité: ce sont des cartes de visite que nous devons montrer comme preuves de la réussite. Notre premier devoir est d'être un exemple pour le ou la malade, et leur entourage,  qui vient nous voir, et notre sincérité ouvrira très souvent le chemin de l'amitié qui nous permettra d'arriver au but recherché: le Contact, la porte de la voie de la REUSSITE.